Le directeur général de Thomson était, hier, à Rennes. Aucune
rencontre n’a eu lieu avec les 200 salariés qui ont débrayé.
Les sujets de mécontentement ne manquent pas à Thomson. Et une partie des salariés a voulu le faire savoir, hier matin, au nouveau directeur général de Thomson, Frédéric Rose, en visite à Rennes : 200 d’entre eux ont débrayé durant une heure.
Selon les syndicats, le fabricant de composants électroniques s’apprêterait à supprimer pas moins de 34 postes sur la zone de Rennes-Atalante : 12 à Thomson Grass Valley (TGVF) et 22 à Thomson R & D ; les deux sites employant au total mille personnes. Ce que dément la direction : « Nous essayons toujours de reclasser tous nos salariés. Les négociations sont toujours en cours », insiste-t-elle.
A Thomson R & D, 37 salariés sont concernés par l’arrêt de l’activité liée aux puces électroniques et aux circuits intégrés, depuis la fin juin. A ce jour, selon la direction, 19 d’entre eux ont reçu une proposition de reclassement. Les 18 autres ingénieurs, en revanche, ne savent toujours pas quel sera leur avenir. « Ça commence à devenir long. Peut-être que le nouveau directeur général aura une vue différente », espère l’un de ces ingénieurs. Des informations sont attendues le 18 septembre prochain.
Des jours de travail en plus
Sur le site voisin de Thomson Grass Valley, c’est la recherche et développement des caméras qui est dans la ligne de mire. L’industriel dispose de trois laboratoires qui travaillent sur ce domaine, en France et aux Pays-Bas. Or, selon les syndicats, 12 postes seraient supprimés à Cesson-Sévigné, sept à Conflans-Saint-Honorine (Yveleines) et cinq postes seraient créés sur le site hollandais. Là encore, la question fuse : « que vont devenir nos collègues ? »
Mais à TGVF, une autre question agite les salariés depuis plusieurs semaines : la renégociation du temps de travail. Cette jeune société, filiale du groupe Thomson, est en effet issue de la fusion de Grass Valley et Thalès broadcast et multimedia. Or, dans le cadre de la fusion, la direction souhaite harmoniser les temps de travail de chacun. Elle proposerait aux salariés de travailler 206 jours par an. Si les ex-Thalès seraient gagnants (ils travaillaient 210 jours auparavant), les ex-GV (les plus nombreux), eux, seraient perdants puisque leur temps annuel de travail était alors de 192 jours. « On n’acceptera pas que le groupe, d’un côté, augmente la durée du temps de travail et, de l’autre, supprime des postes », proteste Guillaume Boisson de la CFDT. « Par rapport à la convention collective, ils ne sont pas perdants », rétorque la direction. Sur ce point, aussi, les négociations sont toujours en cours.
Les salariés ont décidé de débrayer à nouveau jeudi matin.
Pierrick BAUDAIS.