À Thomson, ils pourraient perdre 18 jours de RTT
Ouest-France
À Cesson-Sévigné, 220 salariés de Thomson grass valley ont débrayé, fin mai, durant une heure et demie. : Ouest-France
Des salariés rennais de Thomson craignent de passer de 35 à 17 jours de RTT. La mobilisation commence. Un conflit exemplaire dans le contexte national.
« C’est une remise en cause des 35 heures ! », dénonce Pascal Lareur, délégué CFDT à Thomson grass valley France (TGVF). Selon le projet de la direction, 70 % des mille salariés de TGVF (dont 500 travaillent à Cesson-Sévigné, en Ille-et-Vilaine) pourraient perdre 18 jours de RTT par an, même si dans l’immédiat, rien n’est encore signé.
« Des frais supplémentaires »
Toute l’affaire commence avec le rachat, en 2006, de la société Thales broadcast et multimedia par le groupe Thomson, puis sa fusion avec une autre filiale du groupe, Grass valley. Dans un tel cas, les accords en vigueur dans chaque entreprise deviennent caducs. Il faut donc renégocier de nouveaux accords. Ce qui se passe actuellement. Or, côté RTT, les salariés de ces deux sociétés n’étaient pas logés à la même enseigne : si ceux de Thalés avaient droit à onze jours de RTT, ceux de Grass Valley (les plus nombreux) pouvaient bénéficier de 35 jours de RTT.
Une politique sociale très favorable mais, « en contrepartie, on ne comptait pas nos heures ». Alors forcément, les « ex-Grass valley », qui disposaient des 35 jours depuis neuf ans, font grise mine. « Aujourd’hui, il est de bon ton d’accuser les 35 heures de tous les maux. Mais cet accord n’a jamais empêché l’entreprise de bien fonctionner ! », assure Dominique Millet, délégué CFDT, peu surpris par les propositions de sa direction, à l’heure où le ministre du Travail souhaite que les contingents d’heures supplémentaires soient négociés entreprise par entreprise. « Avec 18 jours de travail en plus, les salariés auront aussi des frais de garde et d’essence supplémentaires », renchérit Pascal Lareur.
Dans l’immédiat, la direction de Thomson annonce vouloir un accord, avant la fin juillet. Certes, elle concède que les salariés « travailleront peut-être un peu plus. Mais nous étudions aussi la possibilité de faire en sorte que les journées soient moins longues », indique Paul Heilbronner, responsable des ressources humaines.
Syndicats et direction doivent désormais se retrouver, le 11 juin. Ce jour-là, l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO et CGC) devrait de nouveau appeler les salariés à manifester. Car si, fin août, aucun accord n’est trouvé, celui qui était en cours à Grass Valley ne sera plus valable. La direction aurait alors tout loisir d’appliquer son projet.
Pierrick BAUDAIS.