Ce « Rendez-vous 2008 », prévu par la loi du 21 août 2003, devait être « important »
de l‘avis même du gouvernement. Or, les mesures dévoilées le 28 avril ne sont pas
à la hauteur des enjeux liés à la pérennité des régimes de retraite, à la réduction des
inégalités et à la dégradation des taux des pensions.
Des désaccords majeurs
Le gouvernement confirme le passage à 41 annuités au 1er janvier 2012,
sans tenir compte du taux d’emploi des seniors. Pour la CFDT, cette décision
sera injuste vis-à-vis des salariés exclus de l’emploi précocement, et en
même temps inefficace sur l’équilibre financier des régimes de retraite.
Le gouvernement ne propose rien pour revaloriser les retraites en faisant
remonter leur niveau par rapport au salaire, afin de mettre un coup d’arrêt à
une dégradation continue.
Des « oublis » regrettables ...
La CFDT déplore de nombreux « oublis » par un gouvernement qui fait
totalement l’impasse sur :
la situation des poly-pensionnés pénalisés dans le calcul de leur retraite,
le sort des salariés aux carrières accidentées,
le financement nécessaire du Fonds de réserve des retraites,
l’amélioration du régime additionnel de la Fonction publique.
La pénibilité : des réponses rapides attendues
Le 28 avril, la CFDT a précisément interpellé le gouvernement sur la question
des pénibilités. Le ministre des Affaires Sociales lui a répondu que, faute
d’accord entre partenaires sociaux, il interviendrait en demandant aux
entreprises de prendre en charge une partie du financement d’un dispositif
destiné aux salariés exposés à la pénibilité.
Des avancées néanmoins
La CFDT est satisfaite de la reconduction du dispositif des « carrières longues »
qu’elle avait obtenu en 2003, ainsi que de l’amélioration de la surcote (taux à
5 %) et de son élargissement (carrières longues et minimum contributif).
De même, l’amélioration du financement des régimes par le transfert, à terme,
d’une part de la cotisation chômage est une bonne chose.
Tous ces enjeux, plus particulièrement ceux liés à l’emploi des seniors et aux pénibilités, font
que nous devons marquer le coup et manifester nos désaccords à la fois auprès du
gouvernement et du patronat.
C’est pourquoi la CFDT tout en développant de manière indépendante sa propre
analyse appelle à manifester le 22 mai avec toutes les organisations syndicales
Pour les confédérations syndicales, le « rendez-vous de
2008 » sur les retraites, doit être l’occasion de consolider le
systême par répartition, seul à même d’assurer la solidarité
indispensable entre générations et de répondre aux exigences
de justice sociale.
Fondamentalement, l’avenir des retraites est lié à la situation
de l’emploi et des politiques économiques. Les confédérations
syndicales n’entendent cependant pas nier les
différences d’approche entre organisations sur les réponses
à apporter.
Mais face au blocage gouvernemental sur les principales
propositions des organisations syndicales (garantie
et niveau des retraites, droit à la retraite à 60 ans,
durée de cotisation, reconnaissance de la pénibilité,
ressources financières assurant l’avenir à long terme
du systême de retraite, réduction des inégalités entre
les femmes et les hommes ...), les confédérations décident
d’appeler à une journée nationale interprofessionnelle
d’actions et de manifestations le 22 mai 2008.
Elles appellent les salariés, les jeunes et les retraités, a
être nombreux le 22 mai dans l’action et les manifestations
pour la défense de la retraite solidaire.