Alors que 250 postes sur 600 viennent d’être supprimés, la direction annonce de nouveaux licenciements. Fureur des syndicats qui s’estiment bernés.
« C’est une honte ! » Odile Coquereau, Pascal Le Moine, Élisabeth Miot et Martine Guilbert, membres de la CGT, n’en reviennent pas. « La direction s’est félicitée d’avoir quasiment atteint son objectif de 250 suppressions de postes. Mais cela ne lui suffit pas. Elle vient de nous annoncer un nouveau plan de licenciements, à hauteur de 18 salariés de structure [techniciens, cadres]. On se fout de nous ! »
Incompréhension et colère. L’usine du boulevard Gaston-Birgé vient de vivre une sale période. Le plan de « sauvegarde » de l’emploi, mis en route en octobre 2006, se traduit déjà par 113 départs en préretraite ou retraite anticipée ; 36 reclassements au sein de la société A Novo (réparation d’écrans plats, de GPS, de décodeurs) ; 21 reclassements au sein de la société Veolia (recyclage de matériels électroniques) et 83 départs volontaires pour projets personnels, formation et reconversion.
« La peur au ventre »
« Cela s’est fait sous pression et dans la douleur. Bien des salariés partis dans d’autres entreprises sont sous-payés. Ils ne tiendront pas le rythme. Pour beaucoup, c’est un marché de dupes ! » La CGT ne comprend pas cette nouvelle annonce de licenciements : « Il y a huit jours seulement, la direction nous affirmait encore qu’il n’y aura pas de nouvelles coupes claires. Cela démontre, une fois de plus, le crédit qu’on peut porter à ses propos. La direction doit garder les 350 salariés, comme prévu. Qu’elle fasse de la reconversion en interne, sur les nouvelles activités du groupe. »
La CFDT réagit encore plus durement : « Nous avions malheureusement raison. Thomson est incapable d’assurer un avenir à ses salariés. » Michel Bouyer, du syndicat des métaux, estime que le sureffectif s’avère bien plus important : « Le projet du groupe ne tient pas la route. Il y aura encore d’autres plans sociaux derrière. Mais qu’attendent les politiques locaux pour intervenir ! »
Jean Martinez, directeur du site, affirme que le plan de sauvegarde de l’emploi s’est déroulé dans un climat très professionnel. « Les salariés ont été respectés. Beaucoup d’entreprises apprécient leurs compétences et leur savoir-faire. Nous avons pu afficher plus de 600 offres. Le bassin d’emploi, contrairement à ce qu’on dit, est dynamique. »
Le directeur du site assure qu’il a toujours joué la transparence : « Tout le monde savait qu’on parviendrait au nombre fixé de suppressions de postes chez les opérateurs. Mais que ce serait plus difficile du côté des structures. (D’où les 18 licenciements supplémentaires). Il faut pourtant y arriver, pour préserver notre productivité. »
Des arguments qui risquent de ne pas suffire à calmer les esprits. Les salariés se montrent très remontés. Pour autant, les syndicats ne croient pas à une forte mobilisation, à une quinzaine de jours des départs en vacances. « Ah, ils ont bien calculé leur coup !, s’emporte ce militant de la CGT. Nous allons partir en congé, une nouvelle fois, avec la peur au ventre... »