Mécontents des propositions de la direction, dans le cadre du plan social avec 250 postes en moins, les salariés ont envahi la chaussée, devant leur usine.
« Ça ne sert à rien ce que vous faites. Laissez-moi passer ! » Pas contente du tout, cette automobiliste. Hier matin, peu après 10 h, elle a été bloquée, comme bien d’autres, par 200 salariés massés sur le boulevard Gaston-Birgé, devant Thomson. Des injures ont fusé, des pneus ont crissé, des demi-tours sur les chapeaux de roue ont eu lieu, durant un bon quart d’heure. Le temps que les policiers arrivent, pour calmer le jeu.
« Aujourd’hui, tout ce qu’on peut faire, c’est nous montrer. Pour dénoncer les propositions de la direction, totalement inacceptables », se justifiaient les représentants syndicaux de la CGT et de la CFDT, instigateurs de cette nouvelle action. L’usine va abandonner la fabrication des téléviseurs et se séparer de 250 salariés dont 110 en préretraite. Il en reste 140 à « reclasser », notamment chez A Novo ou Véolia, mais aussi avec des incitations aux départs volontaires. Et c’est là que le bât blesse...
De nouvelles actions
« En nous demandant d’être volontaires pour partir, sans nous donner de réelles compensations, la direction veut à la fois nous virer et éviter de payer ! » Élisabeth Miot, de la CGT, rappelle les revendications des salariés. Pour 5 ans d’ancienneté, ils réclament 28 000 € ; pour 15 ans, 46 000 € ; et pour 30 ans, 68 000 €. « Nous en sommes loin, très loin. La direction nous propose moins de la moitié, en y intégrant une prime de célérité et des indemnités complémentaires. »La colère gagne les rangs.
Des manifestants dénoncent le chômage technique qui touche 150 d’entre eux : « Nous préférons être ici qu’à la maison, pour nous faire entendre. C’est lamentable de voir ça. Tout le boulot est parti. La moitié de l’usine est déserte... »
Odile Coquereau, responsable CGT, s’interroge sur la suite : « Le chômage technique est prévu jusqu’au 26 janvier mais qu’en sera-t-il en février, en mars et après · Les nouvelles productions ne sont toujours pas là ! »
Au bout de deux heures, les manifestants débloquent le boulevard Gaston-Birgé. Mais déjà, les responsables syndicaux annoncent de nouvelles actions, dès aujourd’hui : « Ça se passera à l’intérieur de l’entreprise, avec des prises de parole dans les ateliers, là où il y a encore du travail. Les salariés ne sont pas prêts à partir dans ces conditions. Le groupe a de l’argent... »
La direction locale n’a pas souhaité s’exprimer.
Jean-Michel HANSEN.
Ouest-France