La FGMM/CFDT et la CFDT d’Alcatel interpellent le gouvernement et les ministères de tutelle de la filière
Télécom et demandent que l’amende payée par les opérateurs télécoms vienne aider au financement des
pôles de compétitivité à vocation télécom.
Au delà de ce financement exceptionnel, la CFDT demande, la mise en place d’un mécanisme de financement pérenne de
la recherche et innovation de la filière, basé sur une contribution de l’ensemble des acteurs et calculé en fonction de leurs
bénéfices.
Une amende record pour Orange, SFR et Bouygues
Les trois opérateurs mobiles viennent d’être condamnés à une amende de 534 millions d’€ infligée par le conseil de la concurrence. Sans discuter du bien fondé de cette amende, les contrevenants ayant fait appel, la FGMM/CFDT et la CFDT d’Alcatel ne veulent pas que le paiement de cette amende se retourne contre l’emploi en France.
En effet, nous craignons que les opérateurs tentent de combler cette perte par une pression encore plus forte sur les prix des matériels ce qui ne fera qu’amplifier les restructurations, voir des délocalisations dans les pays à bas coûts d’une industrie marquée par :
Une course aux prix les plus bas qui est le résultat de l’ouverture du marché des Télécoms par l’Europe et l’Etat
français, sans aucun contrôle.
L’arrivée d’équipementiers d’extrême orient, subventionnés par leurs gouvernements qui s’y engouffrent avec pour conséquence de diviser les prix par deux ou trois.
La pratique des enchères inversées qui conduit les entreprises françaises à délocaliser pour tenir les prix.
Pour rappel, en 2001 lors de l’attribution des licences UMTS, les différents Etats Européens ont ponctionné des milliards d’Euros à l’industrie des télécom. Cette ponction a été un accélérateur de la crise dans cette industrie.
Face à ces difficultés, l’Europe et l’Etat français doivent intervenir
Depuis l’année 2001, les dégâts sur l’emploi sont considérables dans cette filière. Alcatel a divisé ses effectifs par 2. Ce qui reste d’usines part vers les pays à bas coûts. La R&D est elle-même menacée de délocalisation massive.
L’activité des Télécoms en France (et en Europe) va donc basculer du statut d’industrie à vocation exportatrice à celui d’une activité importatrice d’équipements et de services sur fond de désastre social et de dégradation des réseaux Télécom.
Une opportunité : financer les pôles de compétitivité
Au mois de juillet de cette année, l’Etat a mis en place les pôles de compétitivité. Le financement de ces pôles s’avère problématique. Cette réticence à tenir financièrement les engagements décrédibilise par avance la démarche. Pourtant ce soutien à la R&D est indispensable. Des projets sont d’ores et déjà retenus et en attente de financement.