Thales signe un accord social européen novateur
Le groupe, implanté dans 11 pays de l’Union, a négocié avec la Fédération européenne de la métallurgie un dispositif de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences au niveau européen. Une première.
Thales apporte sa pierre à l’édifice de l’Europe sociale. Le groupe d’armement signe en effet aujourd’hui un accord innovant : pour la première fois, des partenaires sociaux se mettent d’accord au niveau européen sur la question de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. En outre, du côté des représentants des salariés, ce texte ne sera pas paraphé par le Comité d’entreprise européen dont la société s’est dotée depuis les années 1990 mais par la Fédération européenne de la métallurgie.
L’accord vise à assurer le « développement professionnel » des 56.600 salariés travaillant dans l’Union de ce groupe présent dans 11 pays européens. Et, ce faisant, à améliorer l’attractivité de Thales pour pouvoir faire face aux risques de pénurie de main-d’oeuvre qui « pourraient apparaître en particulier pour les métiers d’ingénieurs et de techniciens qualifiés ».
Concrètement, le dispositif négocié décide un travail d’anticipation de l’évolution des métiers du groupe « pour que des actions collectives de formation ou de mobilité soient déployées en cohérence et pour que chacun puisse définir son propre itinéraire ». Il s’appuie pour cela sur une commission européenne d’anticipation déclinée dans des commissions nationales d’anticipation, toutes paritaires. Il crée un droit pour l’ensemble des salariés européens du groupe à un « entretien annuel de développement professionnel » dont les contours vont être précisés par une négociation qui a déjà démarré. S’y ajoute la définition d’une trentaine d’actions précises à mettre en oeuvre dans tous les établissements d’Europe, qui touchent notamment au développement professionnel, à l’égalité hommes-femmes, à la diversité ou à l’accueil des nouveaux salariés. Ces actions ont été définies à partir d’un recensement des bonnes pratiques constatées dans les entreprises du groupe. Cela va de la création d’« espaces carrière » partout en Europe jusqu’à la garantie d’un accès à la formation pour tous « au moins tous les trois ans », en passant par des mesures encourageant la mobilité.
S’il est donc « exemplaire », comme le souligne le chercheur de l’Institut de recherches économiques et sociales Christian Dufour, il reste de facture classique sur un point, note néanmoins ce spécialiste du dialogue social européen : il laisse de côté les salariés en emploi temporaire et ceux des sous-traitants.
L. DE C.