Le chiffre d’affaires du groupe a nettement reculé au troisième trimestre.
Il y a urgence. Jeudi, Thomson, le groupe français de technologie, a dévoilé un chiffre d’affaires trimestriel en recul de 13,2 %, à 1,17 milliard d’euros. Frédéric Rose, le nouveau directeur général de Thomson en poste depuis sept semaines, souhaite « éteindre rapidement les foyers de pertes ». Pourtant, il n’a pas encore exposé de stratégie claire. La principale indication que le nouvel homme fort, nommé administrateur de Thomson lors du conseil qui vient de se tenir à New York, a délivrée est que « les activités qui ne sont pas rentables seront restructurées ou arrêtées ».
Redonner de la cohérence
Son autre objectif est de redonner de la cohérence au groupe qui compte un nombre élevé de métiers épars dans l’électronique, les brevets, les services et les équipements pour les groupes de médias et les opérateurs de télécoms. Or, à l’exclusion de la division « brevets » tous les autres métiers étaient dans le rouge au premier semestre : avec une perte d’exploitation de 34 millions pour Technicolor et de 27 millions pour Thomson Grass Valley (la division systèmes).
Inquiets du repli des ventes et de l’incertitude qui plane sur les besoins de liquidités du groupe, les investisseurs ont fait chuter le titre de 17,76 % jeudi, à 1,25 euro, son plus bas niveau historique. Pourtant, aucun risque ne pèserait sur la trésorerie, et « les ratios financiers » devraient être respectés en fin d’année, promet la direction. « Nous disposons de plusieurs centaines de millions d’euros non utilisés » sur une ligne de crédit de 1,75 milliard , a rappelé Julian Waldron, le directeur financier. De plus, des cessions d’activité sont envisagées, notamment Screenvision, la régie publicitaire pour les salles de cinéma, détenue à parité par Thomson et le britannique ITV, comme l’a révélé Les Échos. D’autres activités pourraient être vendues tel Premier Retail Networks, qui conçoit des chaînes de télévision pour les points de vente. Mais la direction refuse de confirmer ces projets.
Déjà les cessions de petites activités déficitaires sont amorcées. Le site de Genlis (Côte-d’Or) qui comptait encore 200 personnes dans les décodeurs a été repris fin septembre par le français Novatech, ce qui coûte plus de 20 millions à Thomson. Et jeudi le personnel du site d’Angers (335 salariés) a été prévenu qu’une cession du site est engagée. Enfin, début septembre, une activité de Grass Valley, spécialisée dans les machines de postproduction de films, a été reprise par des investisseurs conduits par l’allemand Parter Capital Group.