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Genlis : Thomson cède la place

25 août 2008
revue de presse
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—« Actualité »—
Thomson Bourgogne SAS sera racheté par Novatech qui s’est engagé à rester pour quatre ans sur le site de Genlis. Si aucun emploi ne doit être supprimé, c’est la fin d’une époque en Côte-d’Or. PAS besoin de décodeur pour comprendre le message : Thomson à Genlis, c’est fini. L’annonce d’un rachat a été faite officiellement hier par la direction de l’entreprise à Paris.

« Nous cédons l’activité décodeur, c’est-à-dire Thomson Bourgogne SAS, à Novatech, groupe français spécialisé dans la sous-traitance de fabrication électronique » [1], a confié Denis Langlois, vice-président en charge des activités industrielles de Thomson [2]. D’après lui, « les 200 emplois actuels seront transférés avec la société ».

« Aucune conséquence sur l’emploi »

Le rachat devrait être finalisé d’ici au 1er octobre « si tout ce passe bien », après que le comité d’entreprise a rendu son avis. Thomson restera pour une durée indéterminée propriétaire des locaux de Genlis. Denis Langlois, qui gère le projet de reconversion de Thomson Genlis depuis 2004, s’est déclaré « content pour les salariés » puisque ce rachat ne devrait avoir « aucune conséquence sur l’emploi ». Il ajoute qu’un accord a été passé entre les deux entreprises pour les trois ans à venir : « La première année, Thomson passera 100 % des commandes de décodeurs auprès de Novatech. La deuxième, le pourcentage passera à 70 % et la troisième à 40 %. » Et la quatrième ? « Il n’y a pas de commandes prévues à partir de ce moment-là », répond le vice-président en charge des activités industrielles de Thomson. Selon lui, « la première année, le fait que 100 % des commandes soit assuré par Thomson permettra à Novatech de mettre en service de nouveaux équipements, de former le personnel à de nouveaux métiers et de continuer à chercher de nouvelles commandes en produits électroniques ».

Raisons de la vente

Mais alors, pourquoi vendre Genlis ? « Le site n’était plus compétitif. Il fallait trouver de nouveaux métiers et de nouveaux clients. C’était dur. Nous avons préféré céder à une entreprise dont c’est le métier », explique Denis Langlois. Il précise en outre que Thomson a entrepris une mutation industrielle : « Genlis est quasiment la dernière étape de notre reconversion vers des métiers de service à l’image. Je tiens à préciser que depuis mars 2004, où l’effectif était de 950 salariés, nous sommes parvenus à trouver des solutions pour 90 % d’entre eux. »

Installation pour au moins quatre ans

A noter qu’aujourd’hui, onze entreprises sont présentes sur le parc technologique de Genlis, soit 350 salariés. Selon Denis Langlois, « la société Novatech s’est engagée à rester sur le site pour quatre ans ». Reste à savoir si après cette période les activités de la nouvelle entreprise lui permettront de continuer son aventure à Genlis.

Vincent LINDENEHER


-  En 1962, Thomson fait son apparition à Genlis sous le nom d’Oréga. A l’origine, l’entreprise produit des composants pour les tubes cathodiques des téléviseurs.
-  1970, elle monte une autre usine à Auxonne. Pendant près de dix ans, les deux usines emploient près de 2 000 personnes.
-  En 1980, Oréga Genlis, devenu Vidéocolor, se spécialise dans la production de déviateurs couleurs.
-  A la fin des années quatre-vingt, Genlis emploie 500 personnes, tout comme Auxonne suite à une vague de 300 licenciements.
-  A partir de 1989, l’entreprise investit pour devenir un centre de haute technologie mondiale. Les activités canons à électrons, pièces embouties, cathodes et filaments de Lyon sont transférées à Genlis. Bientôt trentenaire, la société présente ses premiers téléviseurs 16/9e.
-  En 1995, une centaine d’emplois est créée pour assurer les nouvelles activités stratégiques : la fabrication de têtes de lecture laser pour CD et DVD.
-  1996 : l’entreprise, lourdement endettée, est menacée de privatisation. Certains salariés manifestent alors à Paris. On parle d’un rachat par Daewoo. La vente n’a pas lieu mais les annonces successives de plans sociaux, de licenciements répétés et de menaces de rachat font trembler toute la Côte-d’Or pour Genlis et Auxonne, qui s’est, entre-temps, spécialisée dans le décodeur numérique.
-  En 1999, Thomson entre en bourse et envisage le rapprochement des deux sites côte-d’oriens pour maintenir la compétitivité industrielle et l’intégralité de l’emploi.
-  A l’été 2000, le transfert de l’usine d’Auxonne est effectué. Thomson Genlis compte alors 1 200 salariés.
-  En 2003, des mouvements de protestation sont observés pour dénoncer les choix stratégiques du groupe. Le succès des écrans plasma et LCD compromet l’avenir des téléviseurs à tube cathodique ; le décodeur numérique se voit également concurrencé par les pays asiatiques.
-  Début 2004, les premières menaces de fermeture gagnent le site de Genlis. 450 salariés sont alors touchés par 40 jours de chômage partiel. Des manifestations sont organisées à Genlis et à Paris. Dans le cadre d’un plan Copieval avec le conseil régional pour réindustrialiser le parc technologique de Genlis, Thomson met en place un plan de sauvegarde des emplois. Une autre issue est de trouver des entreprises acceptant de s’installer à Genlis et d’embaucher des salariés de Thomson.
-  A l’automne 2004, le processus de désindustrialisation est bien entamé : on compte alors 950 salariés.
-  Fin 2006, on ne compte plus que 600 employés ; les départs en préretraite et les départs volontaires sont passés par là. Les négociations pour le rachat de l’activité cathodique et filaments par l’Indien Videocon échouent. Seule l’activité décodeur subsiste, au sein de la nouvelle structure Thomson Bourgogne SAS. Plusieurs vagues de licenciements et les reclassements réduisent peu à peu le nombre de salariés.
-  En mai 2008, les 48 derniers salariés de Thomson Genlis SA reçoivent leur lettre de licenciement.
-  En juillet 2008, Thomson annonce le rachat de Thomson Bourgogne SAS par Novatech, qui s’engage à conserver les derniers 200 emplois restants.

Source : le bien publique du 29 juillet 2007

[1] Sur son site internet, le groupe Novatech précise qu’il « s’articule autour de deux pôles complémentaires qui conçoivent les solutions techniques de nouveaux produits, répondent à leur industrialisation technologique, puis maîtrisent les process de production complexes dans un environnement de haute technologie. » (2)

[2] Il n’a pas souhaité indiquer si d’autres candidats au rachat ont été envisagés, ni le montant du rachat.

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