Réforme 2003 des retraites : la CNAV dresse un bilan décevant
Le dispositif de la surcote, institué par la réforme Fillon votée le 21 août 2003, n’a pas entraîné de changement de comportement parmi les futurs retraités, relève une étude publiée par la Caisse nationale d’assurance-vieillesse.
Votée il y a cinq ans jour pour jour et adoptée après une vague de protestations sociales, la réforme Fillon sur les retraites présente un bilan mitigé, juge, dans sa dernière livraison, la revue « Retraite et société », publiée par la Caisse nationale d’assurance-vieillesse.
· Un taux d’emploi des seniors encore trop faible
Le taux d’emploi des seniors (55 à 64 ans) ne s’élevait qu’à 38,3 % l’an dernier, encore loin de l’objectif fixé à 50 % pour 2010. Le dispositif de retraite anticipé pour les carrières longues a rencontré lui un vif succès, mais a contribué à faire baisser l’âge moyen du départ en retraite (60,7 ans en 2006, contre 61,4 ans). Fin 2007, près de 18.000 personnes ont racheté des années d’études ou des années incomplètes. Prévues par la réforme, les négociations sur la pénibilité des métiers n’ont toujours pas abouti. Le relèvement de l’âge de mise à la retraite d’office et la restriction appliquée aux dispositifs de préretraite ont aussi connu des aléas dans leur mise en oeuvre, observe l’une des études de la revue.
· Un échec relatif de la surcote
Mise en place en 2004 pour inciter les assurés à reporter l’âge de leur départ en retraite, la surcote ne concernait, en 2007, que 7,6 % des assurés du régime général. « Or, en 2003, avant la mise en place du dispositif, ils étaient déjà 7 % à continuer de travailler au-delà des 160 trimestres requis pour le taux plein », relève la la Caisse nationale d’assurance-vieillesse. Autrement dit, la réforme n’a « pas induit de changement fondamental dans le comportement des futurs retraités ». Le manque de volonté des entreprises de conserver leurs travailleurs plus âgés et une information insuffisante sur le dispositif expliqueraient notamment le faible recours à la surcote, avance la revue.
· Des effets limités pour le minimum contributif
Modifié en 2003, le « minimum contributif » permet aux assurés qui ont travaillé longtemps, mais avec de faibles salaires, de percevoir une retraite minimale dans leur régime de base. L’évaluation de la réforme est « complexe », juge l’étude mais la réforme a eu « des effets limités, avec une augmentation totale des pensions de l’ordre de 2 à 3 % », notent les auteurs.
Ls echos du 21 aout 2008