« On va vers la fermeture du site », estime la CFDT, sans fixer l’échéance. Des dates circulent, amplifiant la rumeur. La direction dément formellement.
Une nouvelle fois, la CFDT tire la sonnette d’alarme. Michel Bouyer, secrétaire départemental de la métallurgie, délivre son « intime conviction » : « Nous allons plutôt vers la fermeture du site. Mais le groupe va tout faire pour éviter que cela se termine mal, notamment face aux salariés de plus en plus déterminés, prêts à se battre ! »
Valérie Comte, déléguée syndicale CFDT chez Thomson, pondère le propos : « Nous avons le sentiment que des annonces vont être faites au retour des vacances. Sera-t-il question d’une fermeture ? D’un plan social ? D’un rachat du site par des partenaires ? Nous n’avons pas de boule de cristal pour le savoir ! »
La direction du groupe dément formellement : « C’est complètement faux. Il n’y a pas de plan de fermeture à Angers. » Reste que la situation de l’entreprise, toujours selon la CFDT, n’a jamais été aussi mauvaise. Les effectifs continuent à fondre. Des 350 salariés prévus à l’origine, voici plus d’un an, il n’en reste plus que 318. « Nous montons un dossier pour licenciements économiques déguisés. Nous consultons nos services juridiques pour voir si nous portons l’affaire devant la Justice », révèle Michel Bouyer.
Des salariés en souffrance
Côté production, l’usine serait confrontée à une multitude de problèmes. Plusieurs milliers de décodeurs fabriqués ne seraient pas conformes. D’autres seraient stockés dans l’usine, faute de notices. D’autres enfin arrivent en fin de vie. Sans compter les ruptures d’approvisionnement. Résultat : 150 salariés sont restés chez eux, la semaine dernière, et 150, jeudi et vendredi.
« Nous avons une baisse de charge, depuis 2 mois, touchant 55 personnes par mois, reconnaît la direction. Un gros client a reporté ses commandes de décodeurs. Nous avions demandé, à la direction du travail et de l’emploi, de procéder à du chômage technique mais cela nous a été refusé. Nous continuons donc à payer ces salariés. Nous souhaitons retrouver une situation de plein-emploi au second semestre. »
Cette baisse de charge n’est pas rassurante. « Les salariés sont de plus en plus inquiets, confirme Valérie Comte. Nous nous demandons si tout cela n’est pas voulu, pour justifier d’autres mauvaises nouvelles... »
Le moral des salariés serait au plus bas. « Nous avons des cas de souffrance psychologique, reconnus par le médecin du travail. »
La CFDT a d’ailleurs déclenché un droit d’alerte pour « danger grave et imminent ». « Cela aurait dû aboutir à un comité d’entreprise extraordinaire. Nous l’attendons toujours. L’inspection du travail reconnaît la gravité de la situation, mais pas le danger imminent. Nous allons faire appel à un expert. »
La CFDT ne trouve qu’un motif de satisfaction : le droit de préemption et de sursis à statuer, engagé par la collectivité, pour empêcher Thomson de vendre ses 13 hectares de terrain. « Le groupe, quoi qu’il arrive, ne pourra pas faire n’importe quoi ! » Le syndicat va, à nouveau, rencontrer les élus et les décideurs.
Jean-Michel HANSEN.
Ouest-France