Thomson : « Ces licenciements sont injustes ! »
Cent salariés se sont massés, hier après-midi, dans la cour de l’usine, boulevard Gaston-Birgé. Pour soutenir neuf collègues en passe d’être renvoyés.
Les manifestants se sont, une nouvelle fois, rassemblés derrière la barrière « Stop », à l’entrée principale de l’usine. Tout un symbole. Après un premier plan social important, qui avait touché 250 salariés sur 600, un deuxième plan avait été lancé, plus « modeste », début juillet.
Il concernait, cette fois, non plus les salariés de la production mais ceux de la structure, c’est-à-dire employés, techniciens, chefs d’équipe, voire cadres. Au fil des semaines, le nombre de licenciements chutait de dix-neuf à neuf, grâce à des départs volontaires ou à des reclassements. « Ce n’est pas suffisant. Il faut reclasser tout le monde », se bat la CGT. Le syndicat a appelé les salariés à manifester hier après-midi.
Sur le coup de 13 h, une centaine de blouses blanches entourait les licenciés, dans la cour de l’usine. Pour les soutenir dans leur demande de reclassement ou pour leur faire obtenir de meilleures conditions financières. « Ces salariés avaient été ciblés dès le début. Ils arrivent au bout du bout, dénonce Odile Coquereau, de la CGT. Pour nous, il s’agit de licenciements individuels et discriminatoires, et non pas de licenciements économiques. »
Incompréhension
Les intéressés sont effondrés, encore marqués par leur entretien avec leur hiérarchie : « L’annonce a été brutale : « Vous êtes sur la liste ! » » Ils s’interrogent : « Pourquoi nous · » Ils ne comprennent pas : « Avant d’être viré, j’ai été remplacé à mon poste de travail... » Alors, ils se révoltent : « Nous ne vivons pas cela comme un licenciement économique mais comme une sanction. Pour l’exemple ! »
Les licenciés s’attendent à recevoir leur lettre dès aujourd’hui : « Nous avons beaucoup donné à l’entreprise, sans compter notre temps. Aujourd’hui, on nous jette, sans état d’âme. Nous sommes dégoûtés... » Ils relèvent le bel effort des salariés pour les soutenir : « Les gens sentent bien le vent venir. Regardez ce qu’elle est devenue, notre usine phare. Nous pouvons remercier M. Breton (ex-PDG et ancien membre du gouvernement), et tous ceux qui lui ont succédé... » La plupart des licenciés ont franchi la barre des 50 ans. Ils ont déjà tenté de trouver du travail. Sans résultat. « Nous avons suivi des formations, gravi les échelons, amassé des compétences et, aujourd’hui, nous ne valons plus rien · C’est révoltant ! » Contactée à plusieurs reprises, la direction n’a voulu faire aucun commentaire.
lu sur ouest france du 13 octobre 2007