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Ces investissements à risque qui fondent sur les entreprises

25 mai 2007
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—« Actualité »—
Hedge Funds et Private Equity, ces fonds à l’origine de rachats de grands groupes et de restructurations menacent-ils la stabilité économique et la croissance mondiale ? Décryptage.

À Davos fin janvier, le gotha de l’économie planétaire a désigné, parmi les risques qui pèsent sur la croissance mondiale, le poids gigantesque des liquidités placées sous forme d’instruments financiers opaques. Sont ainsi pointés les fonds de capital-investissement - fonds de Private Equity pratiquant le Leverage Buy Out (rachat des actions d’une entreprise par une très large part d’endettement) et fonds d’arbitrage spéculatifs (Hedges Funds). Ces derniers échappent aux réglementations en contournant les règles de gestion traditionnelle dans le but de maximiser leurs performances avec la contrepartie d’un risque élevé.

En 1998, la faillite de l’un d’eux (le LTCM) a conduit la Réserve fédérale américaine à abaisser ses taux directeurs pour éviter des faillites en cascade et la mise en péril du système financier international. Rien de moins.

Ces nouveaux acteurs financiers appartiennent à l’univers dit de la “ gestion alternative ”, par opposition aux formes plus traditionnelles de gestion d’actifs comme les Sicav (Sociétés d’investissement à capital variable) et autres Fonds communs de placements.

Ces nouveaux véhicules d’investissement, réservés aux professionnels et aux très grandes fortunes, se développent en marge des marchés financiers, donc relativement à l’abri de l’appareil de normes censé protéger les investisseurs. C’est là leur principale caractéristique mais aussi la source des nombreuses critiques. Car ils ne sont pas pour autant déconnectés des marchés. En un peu plus de dix ans, ils ont proliféré au rythme de 300 en 1990 à 8 500 aujourd’hui. Certains jours, ils représenteraient entre le tiers et la moitié des transactions boursières à Londres ou à New York.

Prise de contrôle avant démantèlement. Les fonds de Private Equity sont nés vers la fin des années 1980, avec l’apparition du LBO (Leveraged Buy Out , quand des sociétés spécialisées dans l’acquisition d’entreprises ont adopté des stratégies de prise de contrôle suivies d’un démantèlement. Le terme “ Private Equity ” signifie que ces fonds s’intéressent avant tout aux entreprises non cotées en Bourse, donc non accessibles à l’actionnariat large (public). Ces fonds d’investissement ont pour vocation de prendre le contrôle d’entreprises dans une perspective de moyen terme (de 3 à 5 ans) et de participer activement à leur gestion. D’une entreprise rachetée par un tel fonds, on dit qu’elle « devient privée » (goes private), autrement dit qu’elle sort des cotations publiques.

Les Hedge Funds, quant à eux, sont nés de stratégies de gestion des risques et n’ont commencé à investir que récemment dans les actions de sociétés. Leurs participations dans ces dernières sont généralement minoritaires et à court terme. Mais les deux types de fonds ne sont pas sans lien, comme le souligne le récent rapport du Parti socialiste européen sur la gestion alternative. La prise de participation d’un Hedge Fund précède souvent celle d’un fonds de Private Equity, le premier étant par définition à la recherche de bonnes opportunités d’investissement et n’ayant pas vocation à rester propriétaire. Par ailleurs, le modèle des fonds de Private Equity repose sur l’endettement, y compris celui des entreprises qu’ils rachètent. Et les Hedge Funds investissent précisément dans des titres de dettes émis par les sociétés “ privatisées ” par les fonds de Private Equity. Blackstone, par exemple, qui est l’un des trois fonds de Private Equity les plus connus avec KKR et TPG, développe depuis peu une activité de Hedge Funds.

La richesse extraordinaire accumulée et leur croissance effrénée, soutenue par le bas niveau des taux d’intérêt, ont fini par attirer l’attention. Les régulateurs financiers commencent à peine à disposer d’une vue d’ensemble. Grâce à l’effet de levier de l’endettement, les fonds de Private Equity seraient en mesure d’investir 500 milliards de dollars en 2007. De ce fait, pratiquement aucune entreprise du CAC 40 ne serait à l’abri d’un rachat. On les accuse ainsi d’être intervenus dans la prise de contrôle d’Arcelor par Mittal.

Si la gestion alternative ne représente encore que moins de 10 % des actifs gérés sur les marchés mondiaux, il ne fait pas de doute que l’on se trouve face une évolution importante du capitalisme financier, dont les effets économiques et sociaux sont encore loin de s’être tous fait sentir. Ainsi, le Tuac (représentation syndicale auprès de l’OCDE) fait observer que les taux de rendement élevés exigés pour financer le rachat d’entreprise par endettement peuvent menacer les intérêts à long terme de ces entreprises ainsi que la qualité des conditions d’emploi des salariés. Aujourd’hui se pose la question de l’attitude de ces fonds par rapport à la responsabilité sociale. À côté des objectifs financiers doivent prévaloir également des objectifs sociaux pour les entreprises. C’est pourquoi il est important, pour la CFDT, d’améliorer la transparence des fonds, l’information et la consultation des représentants du personnel dans les entreprises visées. Il est enfin indispensable qu’une réglementation spécifique encadrant ces pratiques voie le jour et que se développe l’investissement socialement responsable.

lu sur cfdt.fr

Appel du mouvement syndical international

À l’occasion de la réunion des ministres de l’Emploi du G8 à Dresde, le 7 mai, à laquelle une délégation du mouvement syndical international a pris part (lire l’article), les dirigeants syndicaux ont appelé de nouveau à la création par le G8 d’un groupe d’intervention international (Task Force) pour la régulation des fonds d’investissement. Dans une déclaration, les syndicalistes ont mis l’accent sur les conséquences alarmantes des fonds d’investissement Private Equity et des fonds d’arbitrage Hedge Funds. Elles ont estimé que les ministres de l’Économie du G8 devaient s’attaquer aux mesures politiques nécessaires « pour que la vague d’opérations de rachat d’entreprises par des fonds d’investissement Private Equity n’affaiblisse pas le comportement responsable de l’entreprise à long terme ou les droits des salariés à la négociation collective, à l’information, à la consultation et à la représentation ». Réunis à Posdam les 18 et 19 mai, les ministres des Finances du G8 ne n’ont pas pu trouver de terrain d’entente en matière de régulation des hedge funds.


à lire :
-  Front syndical global contre les fonds d’investissement

  • communiqué de presse de FGMM
  • revue de presse de Groupe
  • tract de R&D - Rennes
  • tract de TGV Conflans
  • Compte rendu de TGV Rennes
  • accord de TGV Brest
  • revue de presse de Angers
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  • Thomson : Activité Silicon sacrifiée - RTT en danger - Usine en sous activité
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