Le travail tue plus que la route.
C’est avec cette formule choc que la CFDT a décidé de « pousser un coup de gueule », selon les termes de Jean-Louis Malys, secrétaire national et représentant du syndicat dans la négociation sur la pénibilité au travail. Décidée en 2003, dans le sillage de la loi Fillon pour mettre en place un système de départ anticipé en retraite pour travaux pénibles, entamée en 2005, cette négociation s’est heurtée dès le début à un blocage total du MEDEF qui refuse l’idée d’une cotisation supplémentaire.
« On est obligé de faire un constat d’échec », a estimé mercredi Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral CGT. La CFDT s’y refuse. « Nous, on ne lâche pas le morceau. Il n’est pas normal que certains, du côté syndical ou patronal, disent que la négociation est terminée », s’est exclamé hier François Chérèque, secrétaire général de la confédération.
Pour lui, seul une annonce de rupture de négociation par le MEDEF pourrait lui faire - reconnaître l’échec. Pour l’heure, la CFDT a décidé d’interpeller le patronat en - organisant une journée nationale d’action le 16 janvier, avec un meeting à « visibilité nationale » à Reims, dans la Marne. « On ne peut pas abandonner l’espoir de négocier sur la pénibilité, pour - développer la prévention des risques au travail mais réparer l’usure prématurée de certains salariés », a insisté Jean-Louis Malys.
La CFDT avait obtenu l’ouverture de cette négociation en contrepartie de son approbation de la réforme des retraites de 2003. Le gouvernement avait donné trois ans aux partenaires sociaux pour aboutir. Le délai est déjà dépassé. « Si cette négociation ne va pas au bout, ce sera de la faute du patronat », prévient François Chérèque qui a déjà annoncé s’adresser fortement au MEDEF dans son discours mardi prochain.