Selon un rapport du groupe Alpha, Thomson Angers ne serait pas rentable avec 350 salariés (600 actuellement), effectif visé par la direction pour la mi-2007. Le cabinet d’expertise comptable et d’analyse financière estime que, dans une telle configuration, le site perdrait encore 5 à 7 millions d’euros par an. Dès lors, un scénario d’équilibre ne peut être conçu que sur un effectif d’environ 160 salariés en équivalent temps plein. Envisager de pérenniser l’activité à 350 personnes prendrait près de cinq ans et impliquerait d’accepter des pertes sur plusieurs exercices, estime Alpha.
Pour mémoire, le groupe souhaite faire migrer 140 de ses salariés chez A Novo et vers la future unité de valorisation des déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E) qui va être créé à Angers en 2007. « On ne prend pas au sérieux les particularités du site et notamment la moyenne d’âge de ses salariés qui est de 47 ans, déplore Michel Bouyer, représentant de la CFDT. Les moyens mis en œuvre pour pérenniser le site sont insuffisants ».
Source : L’usine nouvelle du 4 déc. 2006
Thomson (Ouest France, 05/12/2006)
Le Parti radical de gauche réagit à l’annonce de suppressions d’emplois
par Thomson. « La fermeture du site emblématique angevin est imminente ».
Aujourd’hui, les salariés de l’entreprise manifestent, inquiets de leur
avenir. Une délégation sera reçue par le maire d’Angers.
Thomson dans la rue, ce n’est qu’un début !
Trois cents salariés ont défilé, hier matin, du boulevard Gaston-Birgé
jusqu’au centre-ville, à Angers. Pour sauver leur usine et les 600 emplois.
« Faisons une manifestation tonique, faisons-nous entendre des Angevins. Thomson n’est pas mort et n’est pas prêt à mourir ! » La consigne, donnée par Odile Coquereau, de la CGT, a été suivie à la lettre, hier matin, au départ du boulevard Gaston-Birgé. Les trois cents manifestants ont scandé slogan sur slogan, durant plus d’une heure, le temps de rejoindre le centre-ville.
Mais derrière la banderole de la CGT et de la CFDT, portant un sobre « Non à la casse du site », FO brillait par son absence. « C’est dommageable. Nos camarades ont débrayé comme nous, vendredi dernier. Ils se sont retirés à la veille de la manifestation, sans explications. Il paraît qu’ils veulent négocier avec la direction. On peut se poser des questions... »
Pas de quoi entamer la détermination des manifestants même si la situation leur semble bien compromise (lire par ailleurs). Depuis l’annonce des 250 suppressions de postes, voici un mois, ils n’avaient pas bougé. 110 salariés devraient partir en préretraite, 60 chez A Novo et Veolia, 80 en départs volontaires. « Les salariés ne vont pas se laisser faire, affirme l’intersyndicale. Ceux qu’on incite à partir ne toucheraient que 1 000 € de plus à la classique indemnité de licenciement. C’est faire peu de cas de toutes ces années passées chez Thomson. Scandaleux ! »
Les informations qui émanent officieusement de l’entreprise ne s’avèrent guère encourageantes. Selon un rapport d’un cabinet d’expertise-comptable, l’usine ne serait rentable qu’à partir d’un effectif ramené à 160 salariés. Or la direction envisage de tourner à 350 salariés, d’ici juin 2007, avec l’arrivée de nouvelles productions électroniques. Actuellement, toujours selon le cabinet, les pertes se chiffreraient entre 5 et 7 millions d’euros par an.
« Et la Thomson vivra. Et on fera tout pour ça ! », ont continué à scander les manifestants en arrivant sur le parvis de l’hôtel de ville, accueillis par une cinquantaine de personnes, membres de délégations syndicales ou politiques. Alors qu’une délégation rencontrait le maire, Jean-Claude Antonini, c’était tribune ouverte, au micro de la CGT.
« Aujourd’hui, ce que vous vivez ne peut s’appeler, de fait, qu’un plan de licenciements ! », a analysé Didier Testu, de la CGT métaux d’Angers. Michel Boué, vieux militant communiste, a rappelé l’époque où l’usine comptait 3 000 salariés. « Les capitaux sont exportés en Chine et on ferme Angers ! », a-t-il accusé. « Thomson reste l’une des dernières entreprises électroniques grand public, en France, a complété Claudie Ménard. On ne peut pas tolérer sa casse. Oui l’électronique a un avenir en Anjou ! »
Hélas, Gérald Marguerez a rappelé l’aventure Bull, autre symbole industriel angevin. « Le groupe vend notre principale plate-forme. C’est grave pour notre avenir. Nous ne sommes plus que 330 salariés. Vous êtes en train de vivre ce que nous avons déjà vécu... » Douloureux encore, la liquidation d’ACT, avec ses 600 salariés, en décembre 2002, redevient d’actualité. Jeudi, 4 militants vont comparaître devant le tribunal correctionnel d’Angers. Pour les dégradations commises lors de l’occupation de l’usine. « Venez les soutenir ! »
Jean-Michel HANSEN.
Ouest-France

Trois cents salariés ont défilé derrière une unique banderole de la CGT et de la CFDT : « Non à la casse du site. »