Solectron : un huitième plan social dans le circuit
Et un de plus. C’est le 31 août prochain, en comité d’entreprise que devrait être fixé les contours du nouveau plan social que va subir l’établissement girondin de l’américain Solectron, spécialisé dans la fabrication de cartes électroniques. Quatre vingt emplois devraient être supprimés dans le secteur réparation des cartes, du fait du transfert en Hongrie d’une activité qui était réalisée pour le donneur d’ordre américain Cisco.
De même, 120 emplois devraient disparaître cette fois dans le secteur de la fabrication des cartes électroniques. Au global, c’est un emploi sur trois qui est concerné par ce nouveau plan social dans l’usine qui aujourd’hui fait travailler 600 salariés. On est loin du temps où le site employait quelques 2000 salariés en CDI. C’était en 2000. L’année suivante, l’entreprise enchaîne les plans sociaux, sept en tout depuis 2001.
Malgré les dératés, Solectron a essayé tant bien que mal de résister. L’unité de Canéjan pouvant se targuer de jouer une carte maîtresse : la R& D. C’est ainsi que le site girondin s’est vu confié en mars dernier, pour le compte de Thomson Broadcast Systems, fabricant des caméras hautes définitions, implanté à Rennes (Ile-et-Vilaine), la mise au point de cartes et le démarrage de ces nouvelles cartes.
Reste que le site girondin n’est pas du tout sûr de les produire en série. C’est la Chine qui pourrait obtenir le contrat, l’assemblage des caméras se faisant aux Pays-Bas. Un scénario qui pose problème. La mise au point de produits n’est pas de nature à renflouer le site de Canéjan qui est loin d’être rentable. « En ne faisant que du co-développement, nous ne pouvons pas nous redresser. Il faut que l’on décroche une partie de la fabrication des cartes » répète Maurice Bonnet, délégué syndical CFDT, et salarié du pôle R & D de l’usine girondine.
Même problématiques avec le nouveau contrat remporté il y a six mois auprès du groupe Thalès. Une activité liée à la mise au point de nouvelles cartes pour les Airbus A 380. Où seront-elles produites ? C’est toute la question car le donneur d’ordre privilégie la production à bas coûts. Du coup, l’établissement girondin se retrouve rayé de la carte. « Nous comprenons la logique économique d’un groupe qui confie sa production dans des pays à bas coûts. Mais nous voulons le mettre en face de ses responsabilités. Il faut qu’il ait conscience que pour vivre, il nous faut un minimum de fabrication » martèle Maurice Bonnet. Et d’expliquer que l’on ne peut pas d’un côté, prôner le développement d’entreprises dans le cadre du pôle de compétitivité « Aérospace Valley » et de l’autre jouer les délocalisations, en visant clairement, Pierre-Eric Pommelet, directeur avionique militaire de Thalès Avionics et vice-président délégué du pôle de compétitivité.
Alors, Maurice Bonnet réclame une table ronde réunissant le président du conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset, Pierre-Eric Pommelet, et les représentants syndicaux de l’entreprise. Pour l’heure, la demande reste sans écho et les salariés s’interrogent sur leur devenir. Même en misant sur l’activité R&D, l’horizon semble brouillé. Il y a un an, le groupe Solectron a décidé d’implanter son centre européen de R & D en Roumanie...