Après
l’accord-cadre européen du 16 juillet
2002 sur le télétravail,
l’accord de janvier
2004 sur le permis européen pour les
conducteurs effectuant un service transfrontalier,
l’accord-cadre du 8 octobre 2004 sur le
stress au travail,
et l’accord du 21 novembre 2005
sur la réduction de l’exposition des travailleurs aux
risques de troubles musculo-squelettiques d’origine
professionnelle dans l’agriculture ,
l’accord européen sur la santé
des travailleurs exposés à la poussière de silice cristalline
est désormais le cinquième accord européen
du genre, même s’il constitue une première
dans le secteur de l’industrie.
Sa négociation, largement soutenue,
politiquement comme financièrement,
par la Direction générale
Emploi de la Commission
européenne, a officiellement
débuté le 1er septembre 2005 et
s’est achevée le 2 février dernier.
L’ [Emcef], et la [Fem], y étaient parties prenantes
: 13 négociateurs issus de l’Emcef, 12 autres
issus de la Fem. Côté patronal, 15 organisations,
représentant aussi bien les secteurs du ciment, de
la céramique, du verre, du mortier, du béton industriel,
que des mines, des carrières et des fonderies.
Cette négociation s’inscrivait dans le cadre de l’article
139 alinéas 1 et 2 du Traité d’Amsterdam, qui
prévoit la possibilité pour les partenaires sociaux
européens de négocier et de conclure des accords
entre eux.
La signature de l’accord aurait lieu le 25 avril
prochain. L’accord sera ensuite mis en oeuvre au
niveau national, selon les procédures et les pratiques
spécifiques des Etats membres de la Communauté
européenne. Seules les entreprises affiliées
aux 15 associations patronales européennes
devront l’appliquer. Il pourrait aussi être mis en
oeuvre par décision du Conseil européen, à la
demande des partenaires sociaux. Pour l’heure,
l’Emcef n’y est pas favorable, les partenaires sociaux
étant dans ce cas dépossédés de leurs prérogatives.
L’Emcef et la Fem ont la conviction que cet
accord est de nature à réduire sensiblement l’exposition
des salariés aux poussières de silice cristalline.
L’accord comprend notamment, dans son
annexe 1, un guide de bonnes pratiques considéré
comme carnet de prescriptions. Pour chacune
des situations pouvant être rencontrées, la responsabilité
des employeurs et le rôle des salariés
y sont décrits. Ainsi, les représentants du personnel
pourront participer à l’élaboration du plan
de prévention aux côtés de l’employeur.
Tous les salariés, quel que soit le type
de leur contrat de travail, devront
être formés à la prévention des
risques encourus. Tous les salariés
en contact avec la silice seront suivis
sur le plan médical, même après
changement ou arrêt d’activité. Et l’exposition
minimum à la silice cristalline
sera recherchée, dès lors que l’on ne pourra
pas l’éliminer.
Les affiliés de l’Emcef et de la Fem auront à assurer
la mise en oeuvre de cet accord en utilisant tous
les leviers possibles : présentation et promotion
dans les comités d’entreprise européens et nationaux
concernés, dans les comités d’hygiène et de
santé, etc. S’appuyant sur les pratiques des partenaires
sociaux nationaux, il a l’avantage de respecter
la législation en vigueur dans chaque Etat
membre. Il ne s’oppose pas non plus à la législation
européenne actuelle, ni même à venir. En ce
sens, il ne peut être régressif. Il n’est donc pas un
nivellement par le bas, mais bien un complément
à la législation et qui en propose une mise en
oeuvre concrète et pratique.
L’enjeu d’un accord contractuel européen, outre
qu’il démontre l’activité sociale à ce niveau, vise
aussi à promouvoir une politique contractuelle
européenne insuffisamment développée à ce jour.
La silice cristalline
Elle est utilisée dans la composition de nombreux produits de la vie courante que l’on trouve dans
des domaines aussi divers que variés : dans la chimie, le verre, la céramique, le ciment, le pétrole, etc.
Les particules fines de poussière qu’elle dégage, sont hautement dangereuses pour les salariés
qui la manipulent. Elles accentuent nettement les risques de cancer chez les individus atteints de silicose.
Source : Syndicalisme hebdo N°337
[Emcef] fédération européenne des
travailleurs de l’énergie, de la chimie et des
mines
[Fem] fédération européenne des travailleurs
de la métallurgie à laquelle adhère la FGMM