CPE : journée de mobilisation hétérogène, Rennes, Toulouse et Lyon en tête
La lutte contre le Contrat première embauche, relancée cette semaine par les organisations étudiantes et lycéennes, s’est déroulée mardi de façon hétérogène avec de fortes mobilisations à Toulouse, Rennes et Lyon, villes où les jeunes ne sont pas encore en vacances de février.
La semaine passée, les trois académies d’Ile-de-France et l’académie de Bordeaux étaient les seules en congé. Elles ont été rejointes à partir de lundi par douze autres académies également en vacances.
Rennes, ville la plus active depuis le début de la lutte anti-CPE, a poursuivi sa mobilisation en bloquant des universités. Plus de 6.000 personnes sont aussi descendues dans la rue mardi, selon la police, et 15.000 selon les organisateurs.
"On sera mobilisé jusqu’à la fin", ont prévenu à Rennes ces milliers de lycéens en manifestant aux côtés d’étudiants en grève et de salariés.
Comme la majorité des manifestants réunis diversement en France, avant la grande manifestation nationale du 7 mars, tous veulent le "retrait" du CPE.
"C’est rare que lycéens, étudiants et salariés soient mobilisés en même temps", dit Lorraine, 17 ans, en 1ère littéraire à Rennes. Même "les profs nous soutiennent, ils sont solidaires avec nous et nous encouragent à continuer".
La Bretagne et l’Ouest en général restent en pointe dans ce mouvement, puisque 1.700 personnes ont manifesté à Brest, 450 à Vannes et 500 à Tours...
Très active aussi, Toulouse a rassemblé entre 1.400 et 1.800 étudiants, lycéens et intermittents du spectacle. A Castres (Tarn), 300 lycéens et à Tarbes, 200 étudiants ont défilé.
La ville rose a lancé d’autres actions depuis le début de la semaine : des étudiants de l’université Paul-Sabatier de Toulouse-Rangueil ont bloqué lundi les accès de plusieurs bâtiments du campus avant de participer à une opération péage gratuit.
A Lyon, quelque 1.300 manifestants selon la police (2.000, selon les organisateurs), essentiellement des lycéens, ont protesté aux cris de "Sarko, Villepin, même racaille, une solution, qu’ils s’en aillent". Le cortège est parti à 14H30 de la Place Bellecour en direction du rectorat où Gilles de Robien, le ministre de l’Education nationale, doit se rendre mercredi.
"Il est important de rappeler que la mobilisation se poursuive. On fait un gros travail d’information auprès des lycéens, qui se posent des questions sur ce CPE, et à chaque fois que quelqu’un sait ce que prévoit cette loi, c’est une personne de plus pour lutter contre", a déclaré Charlotte Allegret, vice-présidente nationale de la Fidl à Lyon.
A Saint-Etienne, la police a estimé à 1.500 le nombre de manifestants dans l’après-midi. Et à Grenoble, 1.200 personnes selon la police (3.000 selon les organisateurs) avaient répondu à un appel des syndicats Unef, UNL et Fidl suivis de membres de la LCR, de la CGT, FO, Sud et de la Confédération paysanne.
A Paris, la mobilisation fut plus faible. Quelque 200 étudiants se sont réunis mardi en assemblée générale dans l’amphithéâtre de physique de Jussieu (Paris VI) et à Tolbiac (Paris I) pour débattre sur le CPE avant de rejoindre la manifestation des intermittents du spectacle.
Syndicats, étudiants et lycéens ont décidé vendredi d’une nouvelle journée de mobilisation contre le CPE le 7 mars, c’est-à-dire après la fin des vacances scolaires, sans parvenir à se mettre d’accord sur un appel conjoint à la grève.
En attendant, d’autres actions (blocages, AG...) sont prévues jeudi.
la dépèche AFP
Trafic SNCF interrompu par des manifestants anti-CPE en gare de Rennes
Le trafic SNCF a été interrompu mardi après-midi en gare de de Rennes pendant environ une heure après l’envahissement de l’ensemble des voies ferroviaires par de jeunes manifestants anti-CPE, a-t-on appris auprès de la SNCF.
"Tout s’est passé dans le calme", a expliqué la direction régionale de la SNCF.
A partir de 17H00, l’évacuation des voies s’est effectuée en musique dans une ambiance bon enfant, en concertation avec les cheminots, a constaté une journaliste AFP.
La compagnie espère pouvoir relancer rapidement la circulation des TGV et TER, particulièrement importante en fin de journée.
Entre 6.000 (police) et 15.000 (organisateurs) lycéens et étudiants, ainsi que des salariés, ont manifesté mardi après-midi à Rennes pour protester contre le Contrat Première Embauche.
la dépèche AFP
A Rennes, lycéens et étudiants au coude à coude contre le CPE
"On sera mobilisé jusqu’à la fin", ont prévenu mardi plusieurs milliers de lycéens en manifestant aux côtés d’étudiants en grève et de salariés à Rennes, ville en pointe dans la lutte contre le Contrat Première Embauche.
Réclamant le "retrait" du CPE, de 6.000, selon la police, à 15.000 personnes, selon les organisateurs, ont défilé dans la capitale bretonne avec, comme principale cible, le Premier ministre Dominique de Villepin.
"C’est rare que lycéens, étudiants et salariés soient mobilisés en même temps", remarque Lorraine, 17 ans, en première littéraire. Même "les profs nous soutiennent, ils sont solidaires avec nous et nous encouragent à continuer".
Au milieu de drapeaux des jeunesses communistes, de Sud ou du CNT, de nombreuses banderoles dénoncent le "CPE = Contrat de promotion de l’esclavage", d’autres affirmant "Le 49.3 tue nos droits" ou "Villepin + 49.3 = dictature".
De nombreux manifestants condamnent, en effet, le "passage en force" de la loi par le Premier ministre. "Il n’écoute personne, il y va de façon autoritaire", regrette Estelle, 18 ans, en terminale S.
Pour Jérémie, 19 ans, étudiant en arabe à Rennes 2, "le recours au 49.3 peut avoir un effet positif pour la mobilisation car il risque de passer pour un coup de force aux yeux de l’opinion publique. Villepin légitime la manifestation".
Marie, 17 ans, s’élève également contre un Premier ministre qui "ne nous demande pas notre avis alors qu’on manifeste". Mais "il écoute ceux qui ne manifestent pas".
Si certains jeunes réclament l’abandon de la loi, d’autres se contenteraient d’un changement, notamment en ce qui concerne la période de consolidation de 2 ans. "Pouvoir se faire virer du jour au lendemain sans justification, c’est grave", remarque Marine, 17 ans.
"Avec le CPE on peut avoir un bon diplôme et être dans la précarité quand même. On ne peut pas faire de projets d’avenir", constate Jérémie, 16 ans.
Vendredi débutent deux semaines de congés. Toutefois, prévient Anne-Laure, lycéenne de 17 ans, "on va se remobiliser après les vacances si la loi reste. On sera mobilisé jusqu’à la fin".
"On manifestera jusqu’à ce qu’il (de Villepin) l’enlève, comme avec Fillon", promet Gwenaël, 16 ans.
Ancien ministre de l’Education, M. Fillon avait été l’artisan d’une loi d’orientation pour l’avenir de l’Ecole, adoptée en mars 2005 après avoir suscité pendant près de trois mois un mouvement de colère des lycéens.
la dépèche AFP